Anâhata Chakra selon l’enseignement des Natha

Anâhata Chakra

selon l’enseignement des Natha

auteur : Silvia Schmitt

 

Anahata : le son non frappé
C’est dans ce centre que le mystique peut entendre un son continu.

Qu’est-ce qu’un Chakra?

Les chakras, centres d’énergie du corps pranique ou du corps d’énergie sont un monde imaginaire, tout en étant réel. Mais en disséquant le corps physique, on ne trouvera rien.

Notre être individuel est fait de plusieurs couches, dont la partie physique est la plus dense. Ce qui anime le corps physique, est le corps énergétique ou corps pranique (Pranamaya Kosha). Les Chakras, roues d’énergie et les nadi (canaux subtils associés au système nerveux) font partie de ce corps énergétique. Les sept chakras principaux sont sur l’axe, dont 5 dans le tronc. Ces cinq chakras du tronc correspondent aux 5 éléments : terre, eau, feu, air, éther ou espace.

Les chakras sont représentés par un lotus avec un certain nombre de pétales ou une roue avec un certain nombre de rayons. Au centre de chaque chakra on trouvera une forme géométrique, un bija mantra (mantra monosyllabique). Y sont également représentées des divinités (énergies) et un animal. Toutes ces énergies régissent le chakra en question. Les images sont des indices du fonctionnement du chakra concerné. Autour du centre il y a les pétales, chaque pétale contenant une lettre sanskrite, toutes les lettres sur les forment globalement l’alphabet sanskrite.

Ce qui est moins connu, c’est qu’il y a sur chaque pétale une qualité (en Inde les défauts rentrent dans les qualités.) On peut faire évoluer un chakra en faisant des Nyasa (massages énergétiques) sur les pétales.

Anahata Chakra est situé dans la colonne vertébrale entre les omoplates à la hauteur du coeur. Il correspond à l’élément air qui est très vite en mouvement, rapide à se déplacer. Ce centre se déséquilibre très facilement, peurs et émotions semblent être incontrôlables. Ceci est aussi représenté par l’antilope, un animal rapide et peureux. Par des pratiques de Yoga adéquates, on peut se libérer de ce fardeau et faire évoluer le bon côté : l’amour inconditionnelle, la compassion.

C’est dans ce chakra du coeur, que les deux courants d’énergie s’équilibrent, l’énergie ascendante, la Shakti, et l’énergie descendante, Shiva, ou encore que l’individuel peut se fusionner avec le cosmique. Ceci est représenté par les deux triangles – pointe vers le haut/pointe vers le bas – qui s’emboitent et forment l’étoile de David.

Nous trouvons dans chaque chakra non seulement un élément correspondant, mais aussi les choses suivantes associées : un sens, un organe d’action, un organe de connaissance, un plexus, une glande, une planète, un Vayu (courant pranique), un son, un animal, un signe du zodiaque. Il y a les organes qui dépendent du bon (ou mauvais) fonctionnement du chakra.

En pratique cela veut dire que le toucher et le sexe influent sur Anahata Chakra. Les amoureux ont envie de se toucher, de faire l’amour. Il y a un nadi (canal subtil) entre le coeur et le sexe.

Dans Anahata on trouve :

Tattva (élément): Air
Sens: toucher
Organe de connaissance: peau
Organe d’actions: sexe
Prânavayu: Prâna, le souffle ascendant, correspondant à l’inspire
Dhâtu: (élément fondamental du corps) système sanguin.
Guna (qualités de tout ce qui est créé): sattva/rajas. (Sattva, si évolué, Rajas, si en difficulté Omkâra (le mantra OM) associé aux trois guna.
Couleurs: or flamboyant au centre. Les pétales de gris à bleu.
Forme géométrique: hexagone qui est le mandala de Vayu (air), et le cercle
Mantra Bîja (mantra germe): Yam.
Nombre de pétales: 12.

 

Anahata est un centre qui contient un des trois linga (genre oeuf dressé), le Bana Linga, le linga d’or. Voilà ce qu’en dit un texte traditionnel :
« 
Linga: bâna (flèche) linga le plus brillant de tous, le plus lumineux. Ce Linga resplendissant est le bloc d’or lui-même Hiranyagharba (l’embryon d’or). A son sommet se trouve un petit orifice surmonté d’une demi-lune. Sous la forme d’un croissant et d’un point (ardha chandra bindu). Cet orifice supporte la shakti Laksmî appelée aussi Trikona shakti. Shiva, le dieu du Linga, est animé d’un ardent désir sexuel. C’est là le point de départ de toutes les méditations sur les énergies sexuelles. Le point le plus important pour la sublimation. La concentration sur ce Linga accorde tous les souhaits.
Le linga est le siège des énergies qui président aux qualités suivantes: le succès ou la prospérité. L’expérience du bonheur ou la capacité à voir le délicieux. La destinée heureuse. C’est le centre de la béatitude. Il gère l’espérance, l’anxiété, le doute, le remord, la trépidation, l’excitation. C’est le siège de la conscience éveillé qui se contracte, se rétracte durant le sommeil. »

 

Pouvoirs: Dans l’esprit du Yogi naît un savoir sans égal.


Shakti: Buvaneshvarî. Kâkinî qui symbolise l’amour profond des deux aspects de la manifestation: sur le plan cosmique (Esprit/Énergie), sur le plan humain l’union de l’homme et de la femme.
Kâlî dont le vin et l’amour apaise le coeur. Quel est ce vin? Quel est cet amour? L’ivresse de la conscience (Shiva) et l’amour de l’amour.
Granthi noeux psychique): Vishnou Granthi. Noeud des notions de l’individualité et de la possession

 

Anahata Chakra est aussi le lieu de souhaits, le lieu du passage de la veille vers le sommeil.
Plexus: cardiaque.
Glande: thymus
Planète: soleil
Signe zodiacal: Lion


Présence: « l’âme » incarnée, identique à une flamme immobile dans un espace sans le moindre souffle de vent, comme la flamme effilée d’une lampe, symbole de la flamme de vie dans chaque être humain.


Fonction: Ce centre transforme les désirs grossiers des deux centres du bas. C’est grâce au coeur que les désirs purement sexuels créés par Swâdisthana peuvent être transcendés. Le feu de l’orgueil et l’appel du ventre peuvent également être purifiés dans ce centre. Grâce à cela peut naître la capacité d’aimer, celle de l’amour sans égoïsme. Pourra naître ensuite l’amour le plus pur.


Fonctions dans le corps physique: Le vent est le moteur de toutes les fonctions organiques et aussi le vecteur des activités psychiques. Ce centre gère la production et la distribution de l’énergie mentale, l’adapte à sa fonction physique et nerveuse. Il gère, tout ce qui est mouvement dans l’activité physique.


Qualités: Ce centre est celui de l’ego, des sentiments égoïstes, de la personnalité, mais aussi celui du celui de l’intuition la plus lumineuse, la plus sattvique.

 

Les 12 vritti des pétales:

  1. espoir
  2. anxiété, soucis
  3. endurance, effort, résistance
  4. attachement
  5. arrogance
  6. langueur, paresse
  7. ego
  8. discrimination
  9. convoitise
  10. hypocrisie
  11. le doute
  12. culpabilité

 

Purusha – Prakriti – les Gunas

Nous avons vu que les 2 Darshanas de l’Inde, le Samkhya et le Yoga vont de paire.

Le Samkhya, l’énumération l’approche par l’extérieur de la compréhension du fonctionnement de l’univers (macrocosme)
Le Yoga l’approche par l’intérieur (microcosme) de la compréhension du fonctionnement de l’univers

Dans le Tantrisme le phénomène de l’analogie est incontournable. Ce qui est dedans, est dehors, ce qui est en bas, est en haut. Ce qui est dans le marcro-cosme, est dans le micro-cosme. Donc on arrivera à la même chose. Les deux sont complémentaires.

Selon le Samkhya – à la base – il y a deux composantes séparés qui sont la base de la possibilité de création, donc il y a déjà 2 polarités

Du fait de cette tension entre le + et le – le mouvement, la création devient possible.:

Purusha – la conscience + Prakriti – la nature -
Ce qui donne la vie tout ce qui est créé (du subtil au grossier!)
de charge positive de charge négative
l’immobilité le mouvement
solaire lunaire
masculin féminin
jour nuit
chaud froid
lumière son

Purusha et Prakriti sont indissociables, l’un sans l’autre ne peut rien. La Prakriti réalise ce que le Purusha a conçu. (Le programme sur l’ordi ne sert à rien, s’ il n’y a pas de courant électrique et quelqu’un qui actualise le programme).

Le Purusha – on pourrait le comparer à une banque de donné. Tout est en lui sous forme latente, et ces latences sont activées par la Prakriti, ce que l’on appelle la nature, tout ce qui est crée, même invisible.

La Prakriti, la nature, c’est l’ensemble de la création (subtil ou tangible) – l’univers. Elle fait partie de Maya, l’illusion, car ultimement elle n’existe pas d’ordre permanent. Elle est en perpetuel changement.

La nature a des qualités que l’on appelle les Gunas.

Elles sont triples et en rapport avec les Bhutas, les éléments: Rajasiques (air et éther), sattviques (feu) et tamasiques (eau et terre).

Rajas (mouvement) crée, agit
Sattva (lumière) maintient, cherche l’équilibre,
Tamas (la lourdeur, la densité) absorbe, tire vers le bas, va vers la mort

Ainsi tout ce qui est crée, visible ou invisible, est fait d’un mélange de ces trois Gunas. Il y a toujours (ou presque) une prédominance d’un des Gunas, et par le Yoga, par l’Ayurveda (médecine indienne traditionnelle) on peut tendre à les équilibrer. Evidemment cela ne sont pas les seuls moyens, mais par le Yoga, par l’Ayurveda on le fait consciemment. On cherche à augmenter Sattva, à diminuer Tamas.

Une personne qui a atteint l’équilibre des Gunas et peut maintenir cet équilibre est appelé un Gunatitta. On dit que c’est une personne qui a pu se libérer du cycle des incarnations – un Jivamukthi, un libéré vivant.

En ce qui concerne notre pratique de Yoga, on agit beaucoup sur le feu, qui lui est d’ordre de Rajas, notamment par la pratique posturale et certains pranayamas. Mais son élan va nous amener vers Sattva qui est aussi connaissance, alors que Tamas va nous enfoncer dans l’ignorance et la lourdeur.

Juste une parenthèse – un conseil de santé:
On peut équilibrer son corps par les rasas (goûts) des aliments:

Vata (trop actif, trop en mouvement) est équilibré grâce aux gouts (rasas) salé, acide et sucré et aux aliments lours, huileux chauds
Pitta (trop de feu) est équilibré grâce aux gouts amer, sucré et astringent et aux aliments froids, lourds, secs
Kapha (trop d’inertie, trop de lourdeur) est équilibré grâce aux gouts piquant, amer et astringent et aux aliments légers, secs, chauds

Une autre définition des Gunas

  • Yoga Sutras de Patanjali: II – 15 et II-18
  • Bhagavad Gita Chapitre 14

Définition des Gunas selon la Bhagavad Gita:
Sattva : bonté, étant, cause d’illumination et santé, connaissance.
Ses effets : la lumière de la connaissance s’irradie par toutes les portes du corps .
Ses attachements : bonheur et connaissance
Si prédominance : -> parviennent à la mort aux pures mondes

Rajas : C’est l’essence du désir qui a sa source dans la convoitise et l’attachement.
Ses effets : l’activité, la convoitise, la volonté d’entreprendre, l’agitation et le désir
Ses attachements : l’action
Si prédominance : -> renaissance parmi les attachés à l’action

Tamas : Elle naît de l’ignorance et attache par la négligence, l’indolence et le sommeil.
Ses effets : privation de lumière, l’inactivité la négligence et l’égarement
Ses attachements : la torpeur et la négligence.
Si prédominance : -> renaissance dans les matrices des égarés.

La création et son mécanisme ou Shiva-Shakti

selon la tradition du Tantrisme
exposé de Christian Tikhomiroff

On parlait dans les Darshanas du Samkhya – qui est l’énumération – qui essaie de comprendre l’univers par l’extérieur, donc d’analyser, d’énumérer toutes les composantes, tout le déploiement de l’univers, du cosmos et également de l’individu.

Le Yoga le fait par l’intérieur.

Le Samkhya (un des 6 Darshanas de l’Inde) essaie d’énumérer, de saisir, de comprendre la structure extérieure, même si certains moyens d’investigation restent des états méditatifs, des états de transe etc. Donc aussi des moyens intérieurs, mais cela reste une explication du processus extérieur de la création universelle, cet univers, dans lequel moi – individu microcosmique – je suis, d’où je viens et dans lequel je vis.

On dit qu’au départ la conscience et l’énergie sont en union parfaite, sans mouvement, sans bouger et que l’univers n’existe pas ou qu’il est latent, qu’il est rétracté. Rien ne se passe. L’énergie ne bouge pas, donc rien ne se crée. La conscience ne bouge pas (par définition), donc l’énergie n’a rien actualisé.

Au moment donné – une tension se crée dans l’énergie et le couple cosmique, la conscience et l’énergie s’éveillent. A ce moment-là c’est une formidable explosion – le Big Bang des astrophysiciens. Et le Grand Svara (souffle cosmique) va projeter l’univers et la Shakti (énergie) va s’éveiller, se mettre à danser. Cette danse de l’énergie, cette création du monde – c’est l’énergie qui petit à petit va actualiser, va se mettre à jouer le scénario de la conscience.

Imaginez une scène, une personne joue, danse – actualise la pensée de l’auteur, du metteur en scène. La Shakti c’est cela. Elle est indissociable de la conscience. Elle danse, elle danse, et tout ce qui est dans la conscience, elle le crée. Jusqu’à la fin du monde elle créera tout ce qui est (sous forme latente) dans la conscience.

Ce qui est intéressant c’est qu’elle peut créer le meilleur comme le pire de notre point de vue humain, de notre point de vue de morale. Elle s’en fout du meilleur et du pire, de la morale, du bien et du mal. Elle crée, elle crée … et tout ce qui existe et est imaginable. Et tout ce qui existe et est imaginable vient de la conscience. Un jour ou l’autre la Shakti (énergie) est capable de l’actualiser.

Retenez bien, tout ce qu’un être humain est capable de penser, existe forcément quelque part en potientialité, c-à-d. la pensée humaine n’est pas capable d’imaginer quelque chose qui n’existe pas, qui ne peut exister qui n’existera pas. (car non existant en latence).

Tout ce que l’être humain imagine dans sa pensée, dans sa conscience, est susceptible d’exister, d’arriver. En tout les cas, tout ce qu’il imagine fait partie du substrat universel. Il n’invente rien, notre pensée, notre conscience ne peut pas inventer quelque chose qui n’existe pas (potentielle-ment). Notre pensée, notre conscience va le piocher dans le réservoir cosmique. On ne fait que re-découvrir ce qui est dans le réservoir cosmique.

C’est intéressant par rapport à nous, car le processus est exactement le même, puisque nous subissons, nous vivons le même processus que l’univers. Cela veut dire qu’en nous les énergies dansent et actualisent toutes nos potentialités ou une partie de notre potentialité. En nous tout est possible, le meilleur et le pire. Notre énergie s’en fiche impérativement du bien et du mal et de la morale.

C’est notre prise de conscience qui fait la différence et qui va diriger notre vie. En effet, quand on est dans une démarche spirituelle, on va développer des qualités qui correspondent, des qualités de morale, des qualités de bien, d’amour, de compassion et de partage.

On ne le fait pas par rapport à une éthique particulière. Dans le Yoga, dans le Tantrisme on le fait par rapport à une efficacité particulière. Les Yogis se sont rendus compte qu’il était beaucoup plus rentable d’éveiller de belles énergies, de belles pensées, de beaux sentiments plutôt que des sentiments de conflit, de destruction, de haine et de guerre.

Ils se sont rendu compte que l’individu arrivait à développer un lui le meilleur, à trouver le 100% de ce qu’il est, à devenir quasiment égal à un dieu en éveillant ses plus belles qualités et ne pas en éveillant des qualités guerrières. Développer des qualités de lutte, de conflit limite l’individu. Même s’il a l’apparence de dominer le monde, d’une force, d’une puissance, il ne se domine pas, il ne se connaît pas. Il passe à côté de 80% de ses possibilités, de ses pouvoirs.

Les Yogis – comme toutes les voies spirituelles – disent que grâce à l’éveil de ses belles qualités, les plus fines, les plus légères, les moins conflictuelles, les plus apaisées, les plus fortes, les plus vibrantes que l’individu va arriver à tout développer en lui.

Donc, si en raisonnant volontairement froidement, pou provoquer, on peut dire que les Yogis ne font pas le bien par compassion, mais par efficacité. Évidemment, ensuite, pendant ou avant cette compassion est présente. Mais sachez quand-même (important !) c’est par ce que l’on va éveiller de très belles qualités en nous que l’on va pouvoir réaliser 100% de ce que l’on est, alors que si l’on rentre dans le conflit en nous, on va se limiter complètement.

Les Yogis l’on découvert depuis longtemps. Cela fait partie du processus, du mécanisme de notre propre création individuelle, notre propre monde individuel.

Manipura Chakra

par Silvia Schmitt
selon les enseignements des Natha

Le travail sur Manipura Chakra permet toutes formes d’alchimie personnelle par le pouvoir du feu.

Les pratiques de Yoga pranayamas, postures, concentrations sur ce centre permettent d’attiser ce feu du ventre et de le purifier, d’utiliser sa puissance, de libérer ses qualités latentes.

Selon la tradition du yoga, Manipura chakra se situe dans la colonne vertébrale à la hauteur du nombril. C’est un lotus à 10 pétales de couleur orageuse, une des tendances du chakra : les énergies de violence. A l’intérieur le triangle rouge, pointe vers le bas, nous indiquant qu’il s’agit d’un chakra plein d’énergie, siège du feu qui lui est rajas (mouvement, rapidité) . A l’intérieur le dieu Ram (Agni), le feu, monté sur un bélier ! La planète mars y est associée, Mars étant le dieu de la guerre.

Il s’agit d’un chakra solaire.

Tout nous indique que cela peut  »chauffer » très vite, une ambiance explosive, violente: les nuages orageux, le feu, le bélier, mars … mais cela nous indique aussi une puissance extraordinaire qu’il s’agit d’exploiter sans tomber dans le piège du reste! L’énergie se révélant est bien celle qui est nourri.

Manipura est un des points de feu des plus importants : il est nourri par le feu de la base (Muladhara Chakra). La tradition dit que c’est dans ce chakra (le soleil) que le nectar lunaire (la lune) sécrétée dans les régions du cerveau, est brûlé inutilement, empêchant ainsi le développement des pouvoirs (siddhis).

Nous trouvons dans Manipura Chakra également le siège du vayu (aussi appelé vent ou prana) SAMANA. Sama veut dire égale. C’est donc l’endroit où prana et apana peuvent s’unir après avoir inversé leur courant suite aux pratiques adéquates du yoga. On aura alors déjà fait un bon bout de chemin. Samana pourra se lever, ce qui est un préalable à la montée de l’énergie de la base.

Le Dieu médecin, Rudra, un aspect de Shiva a son siège dans Manipura Chakra. Il accorde ou il écarte la maladie, donne des pouvoirs et écarte la peur. Sa parèdre est Bhadrakâli.

La seconde Shakti (énergie féminine) du centre est Lâkîni qui est la bienfaitrice universelle.

Le bija mantra du chakra est Ram, le son qui éveillera le feu de ce chakra.

Son organe d’action est l’anus (Mula Bandha et Aswini Mudra) – donc encore cette liaison à la base.

Organe de sens : les yeux / la vue. Tout travail sur les yeux aura une répercussion sur ce chakra.

Manipura Chakra régit tout ce qui est assimilation/digestion. Nous connaissons le mieux le bol alimentaire, mais cette région concerne autant le plan mental – la transformation de la qualité des pensées/émotions – et énergétique..

C’est le dernier des trois chakras inférieurs qui sont en général soumis aux instincts, aux énergies brutes.

Cependant la traduction de Manipura est « cité des joyaux », ce qui est prometteur et encourage à purifier cette région. D’autres indices comme Rudra ou la bienfaitrice universelle nous y incitent. Une bonne santé, des pensées élevées, la connaissance (en relation avec la maîtrise du verbe) et la lumière associée au feu sont des qualités appréciables.

Le plexus solaire (creux de l’estomac), qui en dépend, est également très important. C’est un lieux, où les énergies souvent bloquent. Il contrôle le système nerveux sympathique et para sympathique.

Glande: Ilots de Langerhans et pancréas..

Fonction: est le centre de l’assimilation physique, mentale et subtil.

Fonctions dans le corps physique: Règle la digestion. Il est le centre de l’énergie active de la vie. Il gouverne la vue et l’anus. Contrôle le foie et l’estomac. La concentration sur ce centre permet le contrôle de la vie végétative du corps. Sur le plan physiologique c’est de ce centre que dépendent les sensations de douleur ou de plaisir physique, de chaud et de froid. Notre santé physique en dépend.

Instincts: Violence.

Psyché: C’est le centre des émotions et des sentiments grégaires ou sociaux, de la multitude des instincts qui régissent notre vie en groupes.

Activités subtiles: Manipura gouverne la sphère de manas, donc de l’intelligence humaine: la pensée discursive. Dans la sphère pranique il gouverne le lumineux.

Qualités – défauts: Les dix sont: honte, inconstance, jalousie, concupiscence, paresse, tristesse, sottise, ignorance, aversion/dégoût, peur.

Pouvoirs: La maîtrise de la parole avec les connaissance y afférentes. La capacité de retirer (des sorts) et de protéger. Transmission de pensées et influences sur le plan subtil. Pouvoir de guérir. Le secret de changer la tristesse en joie. La maîtrise des appétits physiologiques (faim, soif, sommeil). Capacité de se nourrir par le contenu subtil (prâna) des aliments. Permet toutes formes d’alchimie personnelle par le pouvoir du feu.

Le Natha Yoga

Christian Tikhomiroff

Le Natha Yoga s’occupe du corps et de l’esprit et de tout ce qui fait le trait-d’union entre les deux:

le souffle et l’énergie. On va donc trouver des techniques pour ces 4 composantes:

corps, souffle, énergie, esprit.

Le Natha Yoga part du principe, qu’il ne peut y avoir d’harmonie, si l’une de ces composantes dysfonctionne.

On va donc trouver au premier niveau du Natha Yoga 7 types de techniques:

1. Les postures:

Des postures d’intensité, d’immobilité, d’endurance, des postures que l’on garde peu de temps, d’autres plus longtemps.
Ces postures agissent sur le corps, sur la concentration, l’énergie, sur la gestion de la respiration et de la pensée. La particularité du Natha Yoga est de proposer en même temps un entrainement conjoint du corps, de la respiration, de l’énergie et de la pensée.

On trouve dans la série des postures de longues pratiques d’immobilité comme des enchaînements très rapides, ex. Surya Namaskar, les salutations au soleil.
Le Natha Yoga embrasse toutes les possibilités du corps de la posture d’immobilité à un enchaînement très dynamique.

2. Les Mudras, les Bandhas, les Dristis

Mudras : gestes particuliers
Bandhas : des contractions de certaines parties du corps
Dristis : fixations oculaires

L’ensemble concerne certains points sensibles du corps et de l’énergie: orteils, mains, yeux, langue etc.

3. Le Pranayama
C’est la gestion de la respiration et sa relation à l’énergie

4. Mantra et Yantra

Mantra son
Yantra figure géométrique

Ils servent de support pour l’unification de l’énergie et de la pensée.
Le mantra est un son, le yantra une figure géométrique dont fait partie par exemple la structure énergétique: les chakra et les nadi

5. La Concentration
C’est l’entraînement en relation avec le contrôle des pensées sous toutes leurs formes ainsi que de l’agitation liée au monde extérieur.

6. La méditation
C’est la recherche d’un état libre de tourment et d’implication dans la dualité et l’agitation du monde extérieur.

7. Le Yoga Nidra
L’entraînement visant à installer un état de conscience intermittent dans le sommeil et dans les rêves.

Les 7 niveaux sont des techniques qui font partie d’une seule et même chose, le Natha Yoga. Cette liste n’est pas limitative, elle n’est que la base de ce que c’est, ce Natha Yoga.

Nous pourrions également parler du niveau thérapeutique du Natha Yoga qui a pour objet constant l’acquisition et le maintient d’une bonne santé.

L’originalité de ce Yoga tient à ce que l’ensemble de ces techniques est abordé conjointement, de façon égale. On fait autant de postures que de méditations, que de respirations que de relaxations.
Il n’y a pas de hiérarchie. Chacune de ces 7 parties étant inextricablement liée entre elles.

Les objectifs du Natha Yoga avec ces 7 techniques sont simples:

  1. installer une bonne santé et longévité
  2. harmoniser et stimuler les énergies
  3. maîtriser les pensées pour mieux se connaître

Ces objectifs peuvent un jour déboucher sur une véritable recherche spirituelle personnelle. A ce moment-là, la finalité deviendra tout autre, mais il est difficile d’en parler ici.

Une autre originalité de ce Yoga est la multiplicité des techniques qui doit permettre à chacun de trouver ce qui est savoureux et efficace pour lui-même.

Faire du Natha Yoga revient donc à faire des postures avec des respirations spécifiques, des visualisations dans la structure énergétique, des mantras. Mais c’est aussi faire des respirations à part, des concentrations, de la méditation ainsi qu’un travail sur le sommeil et le rêve.

Chacun a son niveau y arrive facilement. Chacun, à son niveau, trouve de multiples bénéfices tant que pour le corps que la détente, la respiration, l’énergie, pour la concentration que la maîtrise des pensées, la connaissance de soi.

Dans un monde de plus en plus matériel, nous pouvons réaliser qu’il y a en nous-mêmes une autre réalité, celle de l’esprit – et que ces 2 réalités, matière et esprit, ne sont pas antagonistes, mais complémentaires, gage d’harmonie et de liberté, si on sait les équilibrer l’une par rapport à l’autre. Le bonheur, une saveur éphémère qui remplit l’instant présent qui est finalement notre seul espace d’éternité.

La préparation du corps, du souffle et de l’énergie tien évidemment une place centrale dans ce Yoga. On doit assouplir, fortifier, tonifier le corps, mais on doit également apprendre à s’asseoir, à connaître certains gestes au niveau des mains qui permettent une meilleure circulation de l’énergie et un meilleur apaisement de la pensée.

Le Natha Yoga est une des formes les plus anciennes du Yoga qui existent. Il remonte à des millénaires avant J.C. Il s’adresse à ce qu’il y a d’immuable dans l’être humain, indépendant des époques et des modes, à savoir l’unité et la harmonie entre le corps, la respiration, l’énergie et la pensée.

Il y a un fond solide, stable qui traverse les siècles et les millénaires, tout en adaptant sa forme aux époques, aux mutations sociales et technologiques dans lesquels sont pris les humains.
C’est ce qui lui donne sa force, son efficacité et son actualité !